Oubliez les parcours tout tracés. Ici, la passion n’a pas pris le chemin le plus court, ni le plus lisse. Mais à l’École de la Broquerie, à Boucherville, Gitane Bouchard incarne ce que beaucoup ne soupçonnent pas : une secrétaire d’école peut changer l’atmosphère d’un établissement, un sourire à la fois.
Gitane Bouchard œuvre au cœur de l’école, un point d’ancrage pour les enfants, les parents et toute l’équipe pédagogique.
Comment avez-vous trouvé votre place dans ce métier ?
Impossible de parler de ligne droite ici. Après des études en théâtre au Cégep de St-Hyacinthe, puis en chant populaire à Drummondville, je me suis lancée dans la musique, tout en multipliant les petits boulots. J’ai testé le secteur financier, puis le secrétariat juridique grâce à un avocat qui a financé ma formation à distance. Ensuite, je me suis retrouvée secrétaire dans une école privée, jusqu’à la suppression de mon poste.
À ce moment-là, j’ai proposé ma candidature au conseil scolaire. L’attente s’est installée, mais quand une journée de recrutement a eu lieu, j’ai eu la chance de décrocher un premier entretien. Une nouvelle page venait de s’ouvrir.
Qu’est-ce qui vous anime dans ce rôle ?
Sans hésiter, ce sont les enfants. Leur énergie, leur spontanéité, c’est un moteur quotidien. Mais mon poste ne se limite pas à l’administratif : je gère les livres des élèves, j’accompagne la direction, je rédige, j’organise, je prends en charge la comptabilité…
Cette diversité me plaît. Chaque matin réserve son lot d’imprévus. Collaborer avec des parents investis, contribuer à un cadre agréable pour les enfants, ce n’est jamais monotone. Et j’ai eu la chance d’être accueillie par une équipe soudée, presque familiale, avec une relation de confiance qui s’est installée d’emblée avec la direction.
Des obstacles au quotidien ?
Le vrai défi, c’est de garder le fil de ses tâches. Les interruptions sont constantes. Un enseignant vient réclamer un document urgent, un parent arrive avec le déjeuner oublié d’un élève, ou un enfant a besoin d’un coup de main après une bêtise. Ce sont ces moments qui font le sel du métier, même s’il faut revoir ses priorités en permanence.
Le plaisir reste intact ?
Absolument. Le matin, je franchis la porte de l’école avec le sourire. Le soir, il ne m’a pas quittée. Quand on me demande ce que je fais, je le dis sans détour : je suis secrétaire d’école, et j’en suis fière.
Et la musique, alors ?
Cette page s’est tournée. Aujourd’hui, je chante pour mes enfants, et j’ai rejoint la chorale de mon père. Ma voix a trouvé un nouveau public, et cela me comble.
Quelles aptitudes sont nécessaires, et quels conseils donner à celles et ceux qui voudraient suivre cette voie ?
Avant tout, il faut aimer la jeunesse. La patience, l’accueil, et une solide maîtrise du français sont indispensables. Pour celles qui souhaitent s’engager, voici deux suggestions concrètes :
- Ne pas attendre qu’une offre paraisse pour contacter les ressources humaines du conseil scolaire. Prendre l’initiative, c’est déjà faire la différence.
- Profiter de ce premier contact pour demander comment valoriser son CV et maximiser ses chances lors d’une candidature.
Au bout du compte, il y a des parcours qui dessinent une vie sur mesure. Gitane en est la preuve : la passion, même discrète, peut donner à un métier toute sa grandeur, dès lors qu’on y met du cœur. Qui sait à quoi ressemblera la prochaine histoire derrière ce comptoir d’accueil ?
