« Les filles de joie » de Lise Autunes Simoes : véritable plongée dans le monde des maisons closes à l’époque victorienne !

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« Les filles de joie » de Lise Autunes Simoes, c’est une série de romans qui raconte l’histoire de Victoire, une jeune femme de bonne famille jetée dans la rue par son père, et qui n’a d’autre choix que de devenir une prostituée dans une maison close pour survivre. Vous ne verrez plus les maisons closes du même œil après cette lecture !

Dès les premières pages, on est charmé par l’écriture de Lise Autunes Simoes. Son écriture est posée, elle prend le temps de tout détailler pour bien nous faire entrer dans son univers, et bien comprendre comment son personnage principal vivait avant de devenir une prostituée. Élevée avec ses frères dans une famille aisée d’une petite ville, sa vie bascule le jour où elle tombe enceinte, alors âgée de seulement dix-sept ans. Son père la met à la porte de la maison familiale, et Victoire n’a d’autre choix que d’aller trouver un travail loin de sa ville natale, à Montréal. Là, elle fait sa première expérience du travail dans une fabrique de chapeaux et d’accessoires. Mais le jour où le patron n’a plus besoin de ses services, elle n’a plus rien pour vivre. Elle ne peut plus payer son loyer et a tout juste de quoi se nourrir. Parfois elle vole sur les étalages du marché, mais se résigne après avoir quasiment été attrapée en flagrant délit. Alors elle accepte la proposition d’une certaine madame Rainville qui lui offre du travail : devenir une prostituée dans une maison close !

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« Elle se trouvait bien chanceuse de pouvoir vivre désormais dans une demeure si élégante. Elle avait un toit au-dessus de sa tête, un lit simple, mais propre et confortable, et de la nourriture à volonté dans son assiette. Et plus que tout, on l’accueillait gentiment, on se souciait de son bien-être. À cet instant précis, cette maison lui apparaissait comme un foyer chaleureux qui aurait pu faire oublier sa mystérieuse vocation nocturne. »

La vie de Victoire est décrite dans ses moindres détails. Ses pensées nous sont dévoilées pour bien nous expliquer son ressenti, si bien que le texte est parfois assez cru vu le sujet : son accouchement douloureux, seule dans la chambre de la pension ; ses rapports avec les hommes de la maison close. Mais aussi tous les détails qui nous font plonger dans la vie de l’époque victorienne : les tenues des femmes, les comportements des gens… Chaque page est un véritable émerveillement pour qui aime s’attarder sur les détails pour une pleine immersion !

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« Pendant tout le début de la soirée, la grande salle de bain de l’étage principal fut envahi de filles à demi nues qui se préparaient pour leur étrange travail. Tel que Madame Angèle l’exigeait, elles se lavaient soigneusement, passaient un long moment à créer des coiffures compliquées, se parfumaient et enfilaient les robes élégantes que la tenancière choisissait pour elles chaque soir. »

La vie dans la maison close de madame Angèle est parfaitement décrite. On y découvre ses différents rouages, comment la tenancière tient ses ouailles, le déroulement des journées des filles en journée et la nuit, et surtout, puisque c’est le sujet ici, l’évolution du personnage de Victoire. La jeune fille insouciante qu’elle était dans sa petite bourgade s’est totalement transformée au fil des événements. Elle est devenue une jeune femme qui sait ce qu’elle veut, même si bien trop souvent son impulsivité et ses désirs qu’elle fait passer avant tout autre chose lui attirent des problèmes.

À la fin de la lecture de ce premier tome, on ne souhaite qu’une chose : lire la suite !

Le site de la saga : https://lesfilles-dejoie.fr/

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