Confondre « ces » et « ses » n’est pas réservé aux élèves distraits : même des adultes rodés à l’orthographe trébuchent encore sur ce duo redoutable. Chaque année, des milliers de phrases hésitent entre l’un et l’autre, et pour cause : leur prononciation identique à l’oral brouille toutes les pistes.
Ces et ses, des homophones qui sèment le trouble
Dans l’écrit, « ces » et « ses » posent un vrai casse-tête. À l’oral, impossible de les distinguer sans le contexte. Ils sonnent pareil, ne partagent pas le même sens, mais restent inséparables à l’oreille. Seuls les puristes du français arrivent parfois à deviner la nuance à l’intonation, mais pour la majorité, c’est mission impossible.
Ces deux mots appartiennent à la grande famille des homophones : des termes qui se prononcent de la même façon mais qui n’ont ni la même signification ni la même syntaxe. Un terrain glissant où l’erreur guette à chaque phrase.
Même classe grammaticale pourtant : « ces » et « ses » sont tous deux des déterminants. Ils précèdent un nom, lui donnent un repère dans la phrase, et précisent genre ou nombre. Mais là où ils diffèrent, c’est dans le type de relation qu’ils instaurent avec le nom qui suit.
Ces : le déterminant démonstratif qui montre du doigt
Le mot ces est un déterminant démonstratif. Son rôle ? Désigner, pointer, situer un ou plusieurs éléments dans l’espace ou dans le discours. Version plurielle de « ce », « cet » et « cette », il s’utilise devant des noms masculins ou féminins, à condition qu’ils soient au pluriel.
Exemple concret : « ces vêtements sont magnifiques. » Ici, on parle de vêtements présents et visibles, que l’on peut désigner physiquement.
Mais « ces » ne sert pas seulement à montrer. Il rappelle aussi des éléments déjà évoqués. On peut écrire : « J’ai trouvé des objets intéressants. Ces objets sont en or. » Le déterminant démonstratif fait ici le lien avec ce qui a été dit juste avant.
Certains usages renforcent « ces » grâce à des particules adverbiales. Voici comment elles s’ajoutent :
- -ci pour indiquer la proximité (« ces enfants-ci »)
- -là pour marquer l’éloignement (« ces enfants-là »)
Grâce à elles, la phrase devient encore plus précise. On distingue les groupes, on situe exactement les éléments dont il est question.
Ses : le déterminant possessif qui marque l’appartenance
De son côté, « ses » appartient à la catégorie des déterminants possessifs. Il marque une notion bien différente : l’appartenance. Quand « ses » précède un nom pluriel, il indique que ce qui suit appartient à la troisième personne du singulier (il ou elle).
On retrouve cette forme plurielle à partir de « son » (masculin singulier) et « sa » (féminin singulier). Dès qu’on parle de plusieurs éléments possédés, « ses » s’impose, que le nom soit masculin ou féminin.
Cas concret : « Patrick a beaucoup de chance, car ses filles sont vraiment intelligentes. » Ici, l’accord entre Patrick et ses filles ne laisse aucun doute : il s’agit de l’appartenance, et non d’une simple démonstration.
Autre détail à ne pas négliger : « ses » fonctionne avec tous les noms pluriels, quel que soit leur genre. Un point commun avec « ces », mais le sens change du tout au tout.
Au final, tout se joue sur la nuance : désigner ou posséder. À l’écrit, un simple s ou c change toute la perspective. Prendre le temps de relire sa phrase, s’arrêter sur le sens, c’est éviter que la confusion ne s’installe. Et la prochaine fois que le doute s’invite, rappelez-vous : un démonstratif montre, un possessif rattache. Un détail minuscule, mais qui fera toute la différence sur la page blanche.
